Les Mouettes du Lac Salé

pioniers

En ce temps là, les caravanes de pionniers quittaient les côtes de l’Atlantique pour traverser le Mississippi et les grandes plaines de l’Amérique du Nord. Ils circulaient dans des chariots couverts, traînés par des chevaux, et, après bien des peines, parvenaient en haut des Montagnes Rocheuses et descendaient dans les vallées. Ils faisaient encore beaucoup de chemin et finissaient par arriver dans une grande vallée entourée de hautes montagnes.

C’était une plaine de sable blanc, dans un pays où la pluie ne tombait presque jamais; mais les neiges éternelles, sur le haut des hautes montagnes, envoyaient de jolis et nombreux petits ruisseaux qui descendaient le long des pentes et venaient se jeter dans un beau lac bleu, au milieu de la plaine de sable, une petite mer intérieure, salée comme la grande mer.

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© Joshua Shaw  the pioneers 1838

© Joshua Shaw the pioneers 1838

C’est là que certains pionniers s’arrêtèrent ; au Lac Salé. Ils bâtirent des cabanes pour passer l’hiver. Ils avaient mis tant de mois pour faire ce terrible voyage que beaucoup d’entre eux étaient morts en cours de route, à cause du froid, de la fatigue, de la maladie; et une fois sur place, beaucoup d’autres moururent encore pendant l’hiver. Leurs provisions étaient presque épuisées, et leur vie dépendait de la récolte qui allait mûrir.

A Pioneer Homestead_ © Cornelius Krieghoff 1854

A Pioneer Homestead_ © Cornelius Krieghoff 1854

A force de courage et de travail, ils avaient rendu le pays fertile en faisant des canaux pour l’eau des ruisseaux – ce qu’on appelle irrigation et ils avaient semé du maïs, du blé et des légumes verts pour se nourrir, ainsi que leur bétail. A présent, ils attendaient…

Le printemps vint, et le blé poussa, le maïs poussa aussi, et tous les légumes. La terre brune de la plaine était couverte de petites tiges vertes et tendres, qui grossissaient à vue d’œil. La joie était dans tous les cœurs ; les pionniers étaient récompensés de tous leurs sacrifices. Une vie nouvelle et prospère s’ouvrait à eux quand soudain, une chose terrible arriva…

© George Cole Harvest

© George Cole Harvest

Un matin, les hommes qui veillaient à l’irrigation virent un grand nuage noir passer sur la colline et s’avancer vers la plaine. D’abord ils eurent peur que la grêle ne fasse périr leurs récoltes, mais ils entendirent bien vite un bruit dans l’air, comme un roulement, et quand le nuage fut plus près, ils virent que c’était des sauterelles! 

sauterelle

Elles s’abattirent sur les champs, et commencèrent à dévorer les plantes. Les hommes tentèrent de les tuer, mais, plus ils en tuaient, plus il en venait! Ils allumèrent des feux, creusèrent des fossés.

Rien n’y faisait. De nouvelles armées de sauterelles arrivaient pour remplacer celles qui étaient détruites! Épuisés, malheureux, les gens tombèrent à genoux en pleurant et en criant, quelques-uns priant pour la délivrance.

Tout à coup, là-bas, dans le ciel, au-dessus du lac bleu, on entendit un bruit d’ailes et de petits cris sauvages. 

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©Roger Orton

©Roger Orton

Le bruit devint plus fort, et les gens levèrent la tête. Etait-ce encore des sauterelles ? Non. C’était un bataillon de mouettes qui arrivait. Rapides, battant l’air de leurs ailes blanches, les mouettes arrivaient par centaines, par milliers.
– Les mouettes! les mouettes! crièrent les gens. Qu’est-ce que cela veut dire ?
Les mouettes planaient au-dessus de leurs têtes, avec de petits cris aigus, puis, tout d’un coup, comme un merveilleux nuage blanc, elles s’abattirent sur le sol.
– Malheur! Malheur ! crièrent les pauvres gens. Nous sommes perdus! Tout ce que les sauterelles ont laissé, les mouettes vont le manger!

seagull

Mais soudain, quelqu’un s’écria :
– Regardez ! Les mouettes mangent les sauterelles!
Et c’était bien vrai. Les mouettes dévoraient les sauterelles par milliers. Elles s’en gorgeaient jusqu’à n’en pouvoir plus, puis s’envolaient alourdies vers le lac d’où d’autres revenaient avec une nouvelle ardeur.
Et quand, à la fin, elles reprirent le chemin de leurs nids, il ne restait plus une sauterelle dans les champs, et le peuple fut sauvé.

Betty et les mouettes, 1936 © Minerva Teichert

Betty et les mouettes, 1936 © Minerva Teichert

Depuis ce jour, dans la colonie du Lac Salé, on apprend aux enfants à respecter les mouettes.

Et lorsque les écoliers commencent à dessiner et à écrire, bien souvent, leur tout premier dessin est l’image d’une mouette.

seagull.1

conte de l’Utah

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Les mouettes rieuses de la morte saison

© Dorothea Sharp Where Children Play and Seagulls Fly

© Dorothea Sharp Where Children Play and Seagulls Fly

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Les mouettes rieuses
Qui viennent du grand large
Et volent majestueuses
Au rythme des vagues et du grand vent
Se posent souvent
Sur la place du marché
Le matin au moment
Où passent les camions poubelles

Repues elles repartent
Se donner en spectacle
Au-dessus de la digue
Et de la plage si belle
En dehors de l’été

Dans la morte saison
Les cerfs-volants ne leur font
Evidemment pas
De concurrence déloyale
Et ceux qui ponctuent
Ici et là
De couleurs vives le gris du ciel
Attirent même vers elles
Une plus grande attention

Jacques Herman

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© Albert Pierre René Maignan Les Mouettes 1906

© Albert Pierre René Maignan Les Mouettes 1906

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L’envol des mouettes

Lorsque l’hiver arrive au centre des villes, je vois
Tout un essaim de mouettes venir sous nos fenêtres,
Tout près des cheminées, elles se chauffent sur les toits
Rondes comme des ballons, elles doublent leur diamètre.

Oh ! Bel oiseau des mers, quand le printemps viendra,
L’amour t’appellera pour danser sur les eaux…
Sous tes ailes protectrices l’oisillon grandira
Et s’envolera un jour au-dessus des roseaux. 

Mouette, profite de tes vacances en la belle saison
Toi qui survole les mers et ignore les frontières,
Bercée au creux des vagues, rassasiée de poissons,

Mon corps est bien trop lourd et je n’sais pas voler !
Alors je t’accompagne en fermant les paupières,
Emmène-moi sur tes ailes jusqu’aux îles ensablées…

Jean-Claude Brinette

mouette

Birds flying  (slow motion) – Grace and Beauty

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À propos de mimsy4818

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