© Kate Greenaway

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Les Fées

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II était une fois une veuve qui avait deux filles l’aînée lui ressemblait si fort d’humeur et de visage que, qui la voyait, voyait la mère.
Elles étaient toutes deux si désagréables et si orgueilleuses, qu’on ne pouvait vivre avec elles.
La cadette, qui était le vrai portrait de son père pour la douceur et l’honnêteté, était avec cela une des plus belles filles qu’on eût su voir.
Comme on aime naturellement son semblable, cette mère était folle de sa fille aînée et, en même temps avait une aversion effroyable pour la cadette.
Elle la faisait manger à la cuisine et travailler sans cesse.
Il fallait, entre autres choses, que cette pauvre enfant allât, deux fois le jour, puiser de l’eau à une grande demi-lieue du logis, et qu’elle en rapportât plein une grande cruche.

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© Kate Greenaway

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Un jour qu’elle était à cette fontaine, il vint à elle une pauvre femme qui la pria de lui donner à boire.
—  Oui-da, ma bonne mère, dit cette belle fille, et rinçant aussitôt sa cruche, elle puisa de l’eau au plus bel endroit de la fontaine et la lui présenta soutenant toujours la cruche, afin qu’elle bût plus aisément.
La bonne femme. ayant bu, lui dit :
—  Vous êtes si belle, si bonne et si honnête, que je ne puis m’empêcher de vous faire un don ; car c’était une fée qui avait pris la forme d’une pauvre femme de village, pour voir jusqu’où irait l’honnêteté de cette jeune fille. Je vous donne
pour don, poursuivit la fée, qu’a chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou une fleur, ou une pierre précieuse.
Lorsque cette belle fille arriva au logis, sa mère la gronda de revenir si tard de la fontaine.

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© Kate Greenaway

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—  Je vous demande pardon, ma mère, dit cette pauvre fille, d’avoir tarde si longtemps ; et, en disant ces mots, il lui sortit de la bouche deux roses, deux perles et deux gros diamants.
—  Que vois-je là ! dit sa mère tout étonnée ; je crois qu’il lui sort de la bouche des perles et des diamants. D’où vient cela, ma fille ? (Ce fut là la première fois qu’elle l’appela sa fille.)
La pauvre enfant lui raconta naïvement tout ce qui était arrivé, non sans jeter une infinité de diamants.
—  Vraiment, dit la mère. Il faut que j’y envoie ma fille. Tenez, Fanchon, voyez ce qui sort de la bouche de votre soeur quand elle parle ; ne seriez-vous pas bien aise d’avoir le même don ?

Vous n’avez qu’à aller puiser de l’eau à la fontaine et, quand une pauvre femme vous demandera à boire, lui en donner bien honnêtement.
—  Il me ferait beau voir, répondit la brutale, aller à la fontaine.
—  Je veux que vous y alliez, reprit la mère, et tout à l’heure.
Elle y alla, mais toujours en grondant. Elle prit le plus beau flacon d’argent qui fût dans le logis.
Elle ne fut pas plus tôt arrivée à la fontaine, qu’elle
vit sortir du bois une dame magnifiquement vêtue, qui vint lui demander à boire.

C’était la même fée qui avait apparu à sa soeur, mais qui avait pris l’air et les habits d’une princesse, pour voir jusqu’où irait la malhonnêteté de cette fille.
—  Est-ce que je suis ici venue, lui dit cette brutale orgueilleuse, pour vous donner à boire ! Justement j’ai apporté un flacon d’argent tout exprès pour donner à boire à Madame ? J’en suis d’avis : buvez à même si vous voulez.

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© Kate Greenaway

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—  Vous n’êtes guère honnête, reprit la fée, sans se mettre en colère. Eh bien ! puisque vous êtes si peu obligeante, je vous donne pour don qu’à chaque parole que vous direz, il vous sortira de la bouche ou un serpent, ou un crapaud.
D’abord que sa mère l’aperçut, elle lui cria :
—  Eh bien ! ma fille !
—  Eh bien ! ma mère ! lui répondit la brutale, en jetant deux vipères et deux crapauds.

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© Kate Greenaway

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—  O ciel, s’écria la mère, que vois-je là ? C’est sa soeur qui en est cause : elle me le paiera ; et aussitôt elle courut pour la battre. La pauvre enfant s’enfuit et alla se sauver dans la forêt prochaine.
Le fils du roi, qui revenait de la chasse, la rencontra et, la voyant si belle, lui demanda ce qu’elle faisait là toute seule et ce qu’elle avait à pleurer !
—  Hélas ! Monsieur, c’est ma mère qui m’a
chassée du logis. Le fils du roi, qui vit sortir de sa bouche cinq ou six perles et autant de diamants, la pria de lui dire d’où cela lui venait. Elle lui conta toute son aventure.

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© Kate Greenaway

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Le fils du roi en devint amoureux ; et, considérant qu’un tel don valait mieux que tout ce qu’on pouvait donner en mariage à une autre, l’emmena au palais du roi son père, ou il l’épousa.
Pour sa soeur, elle se fit tant haïr, que sa propre mère la chassa de chez elle ; et la malheureuse, après avoir bien couru sans trouver personne qui voulût la recevoir, alla mourir au coin d’un bois.

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© Kate Greenaway

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Moralité
Les diamants et les pistoles
Peuvent beaucoup sur les Esprits ;
Cependant les douces paroles
Ont encor plus de force, et sont d’un plus grand prix.

Autre Moralité
L’honnêteté coûte des soins,
Elle veut un peu de complaisance,
Mais tôt ou tard elle a sa récompense,
Et souvent dans le temps qu’on y pense le moins.

Charles Perrault 

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« Les visages sur le mur » offre une jolie variante des « Fées » de Charles Perrault.

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A la claire fontaine

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À la claire fontaine est une chanson française traditionnelle. Elle vient d’un poème anonyme du XVIIIème siècle

Il s’agit, d’une chanson en laisse* composée de vers hexasyllabiques ou d’alexandrins assonancés** en /e/. Très populaire en France, elle l’est aussi au Québec depuis le XVIIIe siècle, où elle était historiquement chantée par les coureurs des bois lors de longs voyages en canot. Cette chanson, premier hymne national de la Nouvelle-France, a connu plus de 500 versions.

Paroles originale supposée du poème anonyme

En revenant des noces, j’étais bien fatiguée,
Au bord d’une fontaine, je me suis reposée
Et l’eau était si claire, que je m’y suis baignée;
A la feuille du chêne, je me suis essuyée…

Sur la plus haute branche, le rossignol chantait :
Chante, rossignol, chante, toi qui a le cœur gai !
Le mien n’est pas de même, il est bien affligé !
C’est de mon ami Pierre, qui ne veux plus m’aimer,
Pour un bouton de rose, que je lui refusai.

Je voudrais que la rose fût encor au rosier,
Et que mon ami Pierre fût encor à m’aimer

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*Une chanson en laisse est une chanson dont une fin de vers est dupliquée pour former le début de la rime suivante, sur le principe de l’anadiplose. Entre les répétitions s’intercalent généralement un refrain.

** figure de style qui consiste en la répétition d’un même son vocalique

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© Hamish Blakely

© Hamish Blakely

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Cette chanson traditionnelle, composée en France au début du XVIIème siècle,

Elle a été exportée au Canada par les soldats français, où elle a servi d’hymne national aux soldats du marquis de Montcalm lors de la révolte de 1837 contre les Anglais. Elle est revenue en France dans une nouvelle version où elle fut publiée en 1848.

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Paroles (avec laisse – version chantée) 

À la claire fontaine
M’en allant promener
J’ai trouvé l’eau si belle
Que je m’y suis baigné

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai

Sous les feuilles d’un chêne,
Je me suis fait sécher.
Sur la plus haute branche,
Un rossignol chantait.

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai

Chante, rossignol, chante,
Toi qui as le cœur gai.
Tu as le cœur à rire…
Moi je l’ai à pleurer.

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai.

J’ai perdu mon amie
Sans l’avoir mérité.
Pour un bouquet de roses
Que je lui refusai…

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai.

Je voudrais que la rose
Fût encore au rosier,
Et que ma douce amie
Fût encore à m’aimer.

Il y a longtemps que je t’aime,
Jamais je ne t’oublierai.

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©  Paul Chabas Naïades,

© Paul Chabas Naïades,

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Dans l’eau de la claire fontaine G.Brassens 

HD720p

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Dans l’eau de la claire fontaine
Elle se baignait toute nue
Une saute de vent soudaine
Jeta ses habits dans les nues

En détresse, elle me fit signe
Pour la vêtir, d’aller chercher
Des monceaux de feuilles de vigne
Fleurs de lis ou fleurs d’oranger

Avec des pétales de roses
Un bout de corsage lui fis
La belle n’était pas bien grosse
Une seule rose a suffi

Avec le pampre de la vigne
Un bout de cotillon lui fis
Mais la belle était si petite
Qu’une seule feuille a suffi

Elle me tendit ses bras, ses lèvres
Comme pour me remercier
Je les pris avec tant de fièvre
Qu’ell’ fut toute déshabillée

Le jeu dut plaire à l’ingénue
Car, à la fontaine souvent
Ell’ s’alla baigner toute nue
En priant Dieu qu’il fit du vent
Qu’il fit du vent.

Georges Brassens

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© Howard Chandler Christy In the Garden of Eden 1925

© Howard Chandler Christy In the Garden of Eden 1925

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À propos de mimsy4818

" Même lorsque l'on croit que l'on n'attend plus rien, nous attendons toujours quelque chose ou quelqu'un…" Curieuse de tout j'aime partager tout simplement ,plutôt "electron libre " j'ai des petites révoltes ,déteste le mensonge ,l'hypocrisie ,la méchanceté ,en résumé " Un chat est un chat " un peu décalé J'aime essentiellement ma liberté même si elle demande des sacrifices conséquents Adore les animaux ,la nature , mer et campagne la photographie ,la peinture ,l'architecture ,la poésie (des autres) l'actualité et ......les voyages ,parcourir la planète même dans le virtuel Dernière activité Rêver

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