La passiflore, également appelée « Fleur de la Passion » 

©  Tracy Hall

© Tracy Hall

Ce sont des plantes grimpantes aux fleurs spectaculaires, mais leur abondance n’est garantie que dans les régions à climat doux.

De la famille des passifloracées, elle comporte des feuilles trilobées et dentées, se fixant par des vrilles. Sa fleur se compose de 5 pétales blancs, agrémentés de filaments roses ou pourpres, et des étamines orangées. La passiflore est connue aussi bien pour sa fleur magnifique que pour son fruit de forme ovale, de couleur verdâtre, à chair orangée.

Les passiflores étaient inconnues des Européens avant la découverte de l’Amérique par les Espagnols, elle était utilisée par les Aztèques pour ses propriétés sédatives. 

Ce sont les jésuites espagnols qui l’ont ramené en France au XVII° siècle. Il était alors consommé pour ses vertus rafraîchissantes.

Ce n’est qu’au XIX° siècle que la passiflore fit son entrée dans la pharmacopée Européenne.

© Martin Johnson  heade hummingbird perched near passion flowers

© Martin Johnson heade hummingbird perched near passion flowers

Histoire

La première mention littéraire d’une passiflore se trouve dans la description de la ville de Cali en Colombie donnée par Pedro Cieza de Leon en 1553 où il mentionne les fruits de granadilla (petites grenades) dans les vergers aux alentours de la ville.

Une vingtaine d’années plus tard, on trouve une description plus élaborée des passiflores dans l’ouvrage du médecin botaniste espagnol Nicolas Monardes publié en 1569-1574. Il fut probablement aussi le premier à employer le terme religieux de flos de passionis« fleur de la passion » pour la désigner car la fleur était selon lui, « précisément faite pour représenter la Passion du Christ ». (Passion Flower en anglais)

Monardes né à Séville en 1493, n’est jamais allé en Amérique mais grâce à ses informateurs et aux échantillons de plantes qu’on lui ramenait des Indes Occidentales, il put donner dans son ouvrage Historia Medicinal… des descriptions détaillées et relativement objectives de la passiflore, du tabac et de la coca.

Le terme même de Passiflora fut créé par Federigo Cesi, le fondateur de l’Accademia dei Lincei, dans une publication datée 1628 sortie en 1651.

Le nombre d’espèces acceptées tourne actuellement aux alentours de 525 dont au moins 175 espèces qui ne peuvent être identifiées au moyen d’une clé. Le besoin d’une révision du genre se fait donc sentir.

© Martin Johnson Passion Flowers and Hummingbirds

© Martin Johnson Passion Flowers and Hummingbirds

La floraison s’effectue de mai aux gelées. Les fleurs ont la particularité de s’ouvrir le matin vers dix heures et de se fermer en fin d’après-midi. Elles ne fleurissent qu’une journée mais les nombreux boutons assurent une floraison continue. De plus, chez certaines variétés telle ‘Impératrice Eugénie’, les fleurs dégagent un agréable parfum.
Les fruits de la Passion charnus jaune à orangé sont comestibles et apparaissent en automne.

© Elizabeth Twining  Passion flower1849-1855

© Elizabeth Twining Passion flower1849-1855

Légende  

Le nom de « passiflore » vient de ce que la fleur est supposée rappeler la Passion du Christ. Les filaments au centre sont censés représenter la couronne d’épines, d’autant plus qu’ils seraient au nombre de 72, précisément le nombre d’épines, à ce qu’il paraît, qui ornaient la couronne du Christ. De son côté, avec ses trois styles, le pistil représenterait les trois clous utilisés pour sa crucifixion tandis que les cinq étamines teintées de rouge à la base symboliseraient les cinq plaies. Enfin, la feuille à la pointe aiguë représenterait la lance et sa face inférieure, marquée de taches rondes foncées, les 30 pièces d’argent que le perfide Judas reçut pour avoir trahi son maître.

On attribue cette légende ainsi que l’origine du nom de la plante, à Jacomo Bosio, moine scolastique italien qui, en 1609, alors qu’il piochait dur, mais sans grands résultats, sur son traité consacré à la croix et au calvaire du Christ, eut la chance inouïe de rencontrer Emmanuel de Villegas, moine mexicain en voyage à Rome qui avait en sa possession des illustrations d’une fabuleuse fleur, alors parfaitement inconnue en Europe.

D’abord sceptique quant à l’existence d’une telle merveille, Jacomo Bosio dut se rendre à l’évidence, car d’autres personnes ayant voyagé dans ce qu’on appelait encore à l’époque la nouvelle Espagne, confirmèrent les dires du moine mexicain.

Absolument ravi, le moine érudit trouva là l’occasion unique non seulement d’enjoliver son traité et, par là, de lui donner un petit coup de pouce publicitaire, mais également d’apporter la preuve absolue de l’existence du Christ et de sa Passion, car Dieu son Père n’avait-il pas justement mis volontairement sur le chemin de cette fabuleuse fleur arborant les symboles du calvaire réunis?

La foi du moine a de quoi édifier parce que, pour nous simples mortels encore attachés aux plaisirs de ce monde, la fleur de la plante rappelle tout sauf la Passion du Christ. Avec ses organes de reproduction démesurés qu’elle expose sans la moindre pudeur et le parfum capiteux qu’elle dégage, on tomberait plutôt ici dans le domaine de la passion humaine.

© Martin Johnson Orchids Passion flower and Hummingbirds

© Martin Johnson Orchids Passion flower and Hummingbirds

Utilisations

La passiflore entre dans la composition de nombreux produits de phytothérapie  destinés à soulager les troubles légers du sommeil, en particulier ceux liés à l’anxiété. Elle est également proposée dans d’autres manifestations de l’anxiété (troubles digestifs  palpitations  ……)

Attention, la passiflore utilisée en phytothérapie n’est pas la même espèce que celle qui donne le fruit de la passion (Passiflora edulis)

Les principes actifs de la passiflore sont des flavonoïdes, des bêtacarbolines, ainsi que des composants très minoritaires comme le maltol et, peut-être, des alcaloïdes de la famille des harmalin

Remarquable action sédative car elle a la propriété de calmer les nerfs sans déprimer et de faire dormir en permettant d’être aussi dispos au réveil qu’après un sommeil normal.

Conservée dans la maison, cette fleur y apporte la paix et la tranquillité. Elle attire l’amitié et la notoriété à celui qui la porte sur soi

Epanouissement d’une Passiflore

© Marianne North  Passion flower Brazil-1873

© Marianne North Passion flower Brazil-1873

Passiflore

Chatoyante Alata,
Jolie Racemosa
Sanguinea d’un jour
Ô Serratifolia !
Incarnata, fulgens,
Princesse amérindienne
Hirsute apparition
Sous l’aisselle des feuilles
Incarne la passion
De Christ et de son deuil
Exubérante liane,
Comtesse américaine
Etaminée de rouge
Au parfum capiteux
Tu offres l’opulence
De ton fruit savoureux
Tropique européenne
En serre apprivoisée
Mêlée à Valériane
Sitôt la nuit tombée
Apporte la dormance
Aux esprits agités

Pétales ourlés de blanc
Et de violet rayés
Le défi est lancé, elle prépare un bouquet

Miriam Naili

© Marianne North  Foliage, Flowers, and Fruit of the Granadilla, Jamaica.

© Marianne North Foliage, Flowers, and Fruit of the Granadilla, Jamaica.

Marianne North (1830 -1890) est une naturaliste et une illustratrice botanique anglaise.

Marianne North était une artiste victorienne remarquable qui a parcouru le globe pour satisfaire sa passion avec l’inventaire de la flore du monde  reproduit avec son pinceau.

A  la mort de sa mère en 1855, elle renonce à se marier elle accompagnera son père pendant ses déplacements et prendra soin de lui pendant quatorze ans. À sa mort  en 1869, elle décide de poursuivre son idée de peindre la flore de pays lointains. Elle loue d’abord une maison à Kingston et passe cinq mois à peindre les fleurs exotiques admirées aux jardins de Kew

Elle commence ses voyages en 1871 Marianne à 40 ans,une étonnante série à travers le monde. Elle a été inspirée par les voyages antérieurs avec son père et les collections de plantes exotiques .

«Je rêvais depuis longtemps d’aller dans un pays tropical pour peindre sa végétation particulière dans sa luxuriance abondante naturelle … »

© Marianne North Flowers, painted in Jamaica

© Marianne North Flowers, painted in Jamaica

Allant d’abord au Canada, aux États-Unis et en Jamaïque puis passant un an au Brésil, où elle réalise la plus grande partie de son travail depuis une hutte dans la forêt. En 1875, après quelques mois à Ténérife, elle commence un voyage à travers le monde, et peint pendant deux ans la flore de Californie, du Japon, de Bornéo, de Java et de Ceylan. Elle passe l’année 1878 aux Indes

À son retour en Grande-Bretagne, elle expose nombre de ses dessins à Londres. Elle propose alors de donner sa collection aux Jardins botaniques royaux de Kew et de faire ériger une galerie à ses frais pour les abriter

Suivant une suggestion de Charles Darwin, elle se rend en Australie en 1880, et y peint, ainsi qu’en Nouvelle-Zélande, pendant un an. 

© Marianne North Wild Flowers of Ceres, South Africa  1882

© Marianne North Wild Flowers of Ceres, South Africa 1882

 Sa galerie à Kew est inaugurée en 1882. En 1883, après un voyage en Afrique du Sud, une salle supplémentaire y est ouverte et en 1884-1885, elle travaille aux Seychelles et au Chili

Épuisé par ses nombreux voyages et sa santé défaillante, Marianne North se retire à Gloucestershire où elle est décédée le 30 Août 1890. Son héritage se perpétue dans la Galerie, offrant la chance d’explorer le ‘instantané’ incroyable représenté par ses peintures visiteurs Kew

La précision scientifique avec laquelle elle documenta la vie des plantes du monde entier, avant la photographie, témoigne de sa méthode pragmatique qui confère une valeur permanente à son œuvre.

 ✿

The Marian North Gallery at Kew Gardens

The Marian North Gallery at Kew Gardens

Sa galerie aux Jardins botaniques royaux de Kew

Elle a ouvert ses portes en 1882 et est la seule exposition personnelle permanente d’une artiste féminine en Grande-Bretagne.  Les visiteurs de la galerie de Kew peuvent profiter de la maison, un trésor victorien dans toute sa splendeur et voir la collection d’art botanique remarquable de la pionnière et philanthrope Marianne North  

© Marianne North Ipomée

© Marianne North Ipomée

Très intéressante galerie

Marianne North Gallery…… Galerie en ligne

 http://www.kew.org/mng/gallery/index.html

« Kew Gardens »

– 300 hectares du site classé au patrimoine mondial à Londres.

http://www.kew.org/visit-kew-gardens/index.htm

© Marianne North Indian Rhododendrons

© Marianne North Indian Rhododendrons

 Marianne North   Pasión por las plantas

480p

Marianne North 1880.

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À propos de mimsy4818

" Même lorsque l'on croit que l'on n'attend plus rien, nous attendons toujours quelque chose ou quelqu'un…" Curieuse de tout j'aime partager tout simplement ,plutôt "electron libre " j'ai des petites révoltes ,déteste le mensonge ,l'hypocrisie ,la méchanceté ,en résumé " Un chat est un chat " un peu décalé J'aime essentiellement ma liberté même si elle demande des sacrifices conséquents Adore les animaux ,la nature , mer et campagne la photographie ,la peinture ,l'architecture ,la poésie (des autres) l'actualité et ......les voyages ,parcourir la planète même dans le virtuel Dernière activité Rêver

Une réponse "

  1. NAILI dit :

    Merci

    Miriam NAILI

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