La Gare St Lazare et  les artistes ,dans la littérature ,le cinéma et la chanson 

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© Monet montage

© Monet montage

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En juillet 1872, Edouard Manet emménage dans une maison neuve, au 4 de la rue Saint-Pétersbourg. Son choix n’est pas innocent. Son ami le poète Stéphane Mallarmé habite, à deux pas, rue de Moscou. Mais la gare Saint-Lazare permet aussi de se rendre facilement au Havre, à Dieppe, à Etretat, à Trouville, à Argenteuil, à Bougival, à Pontoise, lieux familiers des peintres impressionnistes.

©Claude Monet La Gare Saint Lazare

©Claude Monet La Gare Saint Lazare.

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Quelque temps plus tard, Claude Monet s’installe dans le quartier.

En 1877, Claude Monet quitte Argenteuil pour Paris, où il emménage dans le quartier de la Nouvelle Athènes.

Après l’étude de la campagne plusieurs années durant, il est résolu à étudier le progrès technique, thème devenu très en vogue.

Il obtient une autorisation pour travailler à l’intérieur de la gare. Juché, avec son chevalet, sur un tas de caisses, il peint frénétiquement des départs de locomotives. Gêné par les manoeuvres, il guette la minute propice pour jeter sa touche.

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© Monet exterieur de la gare St Lazare arrivee d  un train

© Monet exterieur de la gare St Lazare arrivee d un train

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Il trouve l’inspiration dans la modernité et la mobilité du sujet, sa luminosité changeante, les nuages de vapeur. Il en réalise une série de douze peintures sous divers points de vue dont des vues du vaste hall, où il s’attache plus aux effets lumineux et aux couleurs qu’à une description détaillée de l’univers ferroviaire.

© Gustave Caillebotte - Le Pont de l'Europe

© Gustave Caillebotte – Le Pont de l’Europe

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Un autre voisin de la place de l’Europe, le distingué Gustave Caillebotte, ami de Manet et de Monet, collectionneur invétéré, immortalise, à son tour, le carrefour.

Mais l’endroit inspire également d’autres artistes, tels Goeneutte, qui possède un atelier au 62, rue de Rome, ou Raffaelli, qui traverse tout Paris à pied pour voir la gare, ou encore Béraud, qui transforme les poutrelles du pont en balustrades élégantes. 

© Norbert Goeneutte Le Pont de l'Europe et Gare Saint-Lazare

© Norbert Goeneutte Le Pont de l’Europe et Gare Saint-Lazare

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Au cinéma, le film français de 1938, 

La Bête humaine, adapté du roman éponyme d’Émile Zola et réalisé par Jean Renoir se déroule en partie dans la gare de Paris-Saint-Lazare et ses environs.

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cine-bete

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Jean Gabin : Jacques Lantier, mécanicien sur « la Lison »

Simone Simon : Séverine, la femme de Roubaud

Fernand Ledoux : Roubaud, sous-chef de gare du Havre

Julien Carette : Pecqueux, le chauffeur sur « la Lison »

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La Gare St Lazare

© Jean Béraud - La gare Saint Lazare

© Jean Béraud – La gare Saint Lazare

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Emile Zola La Bête humaine, I, 1890

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L’histoire évoque le monde du chemin de fer et se déroule tout au long de la ligne Paris-Saint-Lazare – Le Havre.

Chapitre I  La gare Saint-Lazare

En entrant dans la chambre, Roubaud posa sur la table le pain d’une livre, le pâté et la bouteille de vin blanc. Mais, le matin, avant de descendre à son poste, la mère Victoire avait dû couvrir le feu de son poêle, d’un tel poussier, que la chaleur était suffocante. Et le sous chef de gare, ayant ouvert une fenêtre, s’y accouda.

C’était impasse d’Amsterdam, dans la dernière maison de droite, une haute maison où la Compagnie de l’Ouest logeait certains de ses employés.

La fenêtre, au cinquième, à l’angle du toit mansardé qui faisait retour, donnait sur la gare, cette tranchée large trouant le quartier de l’Europe, tout un déroulement brusque de l’horizon, que semblait agrandir encore, cet après midi là,. un ciel gris du milieu de février ; d’un gris humide et tiède, traversé de soleil.

En face, sous ce poudroiement de rayons, les maisons de la rue de Rome se brouillaient, s’effaçaient, légères.

A gauche, les marquises des halles couvertes ouvraient leurs porches géants, aux vitrages enfumés, celle des grandes lignes, immense, où l’oeil plongeait, et que les bâtiments de la poste et de la bouillotterie séparaient des autres, plus petites, celles d’Argenteuil, de Versailles et de la Ceinture ; tandis que le pont de l’Europe, à droite, coupait de son étoile de fer la tranchée, que l’on voyait reparaître et filer au delà, jusqu’au tunnel des Batignolles.

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© Claude Monet - Train Tracks at the St Lazare Station

© Claude Monet – Train Tracks at the St Lazare Station

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Et, en bas de la fenêtre même, occupant tout le vaste champ, les, trois doubles voies qui sortaient du pont, se ramifiaient, s’écartaient en un éventail dont les branches de métal, multipliées, innombrables, allaient se perdre sous les marquises. Les trois postes d’aiguilleur, en avant des arches, montraient leurs petits jardins nus. Dans l’effacement confus des wagons et des machines encombrant les rails, un grand signal rouge tachait le jour pâle.

Pendant un instant, Roubaud s’intéressa, comparant, songeant à sa gare du Havre. Chaque fois qu’il venait de la sorte passer un jour à Paris, et qu’il descendait chez la mère Victoire, le métier le reprenait.

Sous la marquise des grandes lignes, l’arrivée l’un train de Mantes avait animé les quais ; et il suivit des yeux la machine de manoeuvre une petite machine tender, aux trois roues basses et couplées, qui commençait le débranchement du train, alerte besogneuse, emmenant, refoulant les wagons sur les voies de remisage.

Une autre machine, puissante celle là, une machine d’express, aux deux grandes roues dévorantes, stationnait seule, lâchait par sa cheminée une grosse fumée noire, montant droit, très lente dans l’air calme.

Mais toute son attention fut prise par le train de trois heures vingt cinq, à destination de Caen, empli déjà de ses voyageurs, et qui attendait sa machine. Il n’apercevait pas celle ci, arrêtée au delà du pont de l’Europe ; il l’entendait seulement demander la voie, à légers coups de sifflet pressés. en personne que l’impatience gagne. Un ordre fut crié, elle répondit par un coup bref qu’elle avait compris.

Puis, avant la mise en marche, il y eut un silence, les purgeurs furent ouverts, la vapeur siffla au ras du sol, en un jet assourdissant. Et il vit alors déborder du pont cette blancheur qui foisonnait, tourbillonnante comme un duvet de neige, envolée à travers les charpentes de fer.

Tout un coin de l’espace en était blanchi, tandis que les fumées accrues de l’autre machine élargissaient leur voile noir. Derrière, s’étouffaient des sons prolongés de trompe, des cris de commandement, des secousses de plaques tournantes. Une déchirure se produisit, il distingua, au fond, un train de Versailles et un train d’Auteuil, l’un montant, l’autre descendant, qui se croisaient.(…)

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La-Bete-humaine-2

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 A Suivre  …… La Gare St Lazare des Peintres 

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À propos de mimsy4818

" Même lorsque l'on croit que l'on n'attend plus rien, nous attendons toujours quelque chose ou quelqu'un…" Curieuse de tout j'aime partager tout simplement ,plutôt "electron libre " j'ai des petites révoltes ,déteste le mensonge ,l'hypocrisie ,la méchanceté ,en résumé " Un chat est un chat " un peu décalé J'aime essentiellement ma liberté même si elle demande des sacrifices conséquents Adore les animaux ,la nature , mer et campagne la photographie ,la peinture ,l'architecture ,la poésie (des autres) l'actualité et ......les voyages ,parcourir la planète même dans le virtuel Dernière activité Rêver

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