Cat 'n' Mice, © Kathleen West

Cat ‘n’ Mice, © Kathleen West


Le chat fit la connaissance d’une souris. Il l’assura si bien que ses sentiments envers elle étaient amicaux et chaleureux que la souris se laissa convaincre et finit par accepter de vivre avec le chat, sous le même toit.

« Il nous faudra faire nos réserves de nourriture pour l’hiver, » dit le chat, « sinon nous risquons de mourir de faim. Toi, ma petite souris, tu ne peux pas aller partout, tu pourrais te faire prendre dans un piège. » C’était une bonne idée. Ils achetèrent alors un petit pot de saindoux mais ne savaient pas où le cacher.

Ils réfléchirent longtemps et, finalement, le chat décida: « Sais-tu ce que nous allons faire? Nous le cacherons dans l’église; on ne peut imaginer meilleure cachette! Personne n’oserait emporter quelque chose d’une église. Nous poserons le pot sous l’autel et nous ne l’entamerons qu’en cas de nécessité absolue. »

Ils portèrent donc le pot en ce lieu sûr, mais très vite le chat eut envie de saindoux.

Il dit à la souris: « Je voulais te dire, ma petite souris, ma cousine m’a demandé d’être le parrain de leur petit dernier. Ils ont eu un petit, blanc avec des taches marron et je dois le tenir pendant le baptême. Laisse-moi y aller, et occupe-toi aujourd’hui de la maison toute seule, veux-tu? »  

– « Bien sûr, sans problème, » acquiesça la souris, « vas-y, si tu veux, et pense à moi quand tu mangeras des bonnes choses. J’aurais bien voulu, moi aussi, goûter de ce bon vin doux qu’on donne aux jeunes mamans. »

 Mais tout cela était faux; le chat n’avait pas de cousine et personne ne lui avait demandé d’être parrain. Il s’empressa d’aller à l’église, rampa jusqu’au petit pot de saindoux et lécha jusqu’à avoir mangé toute la graisse du dessus. Ensuite, il partit se promener sur les toits pour voir ce qui se passait dans le monde, et puis surtout pour trouver encore quelque chose de bon 

 

© Arthur Rackham The Cat and Mouse in partnership

© Arthur Rackham The Cat and Mouse in partnership

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Puis il s’allongea au soleil. Et chaque fois qu’il se souvenait du petit pot de saindoux, il se léchait les babines et se caressait la moustache.

Il ne rentra à la maison que dans la soirée. « Te voilà enfin de retour! » l’accueillit la petite souris. « T’es-tu bien amusé? Vous avez dù bien rire. »

– « Oui, ce n’était pas mal, » répondit le chat. « Et quel nom avez-vous donné à ce chaton? » demanda la souris. « Sanledessu, » répondit sèchement le chat. « Sanledessu? » chicota la souris, « quel drôle de nom! Assez rare, dirais-je. Est-il courant dans votre famille? »

– « Tu peux dire ce que tu veux, » rétorqua le chat, « mais ce n’est pas pire que Volemiettes, le nom de tes filleuls. »

The cat and mouse in partnership © Walter Crane

The cat and mouse in partnership © Walter Crane

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Peu de temps après, le chat se sentit de nouveau l’eau venir à la bouche. « Sois gentille, » supplia-t-il, « occupe-toi encore une fois de la maison toute seule. Fais cela pour moi, petite souris; on m’a encore demandé d’être le parrain. Le chaton a une collerette blanche au cou, je ne peux pas refuser. »

La gentille souris fut d’accord. Et le chat se glissa à travers le mur de la ville, s’introduisit dans l’église et vida la moitié du pot de saindoux. « Rien à faire, » se dit-il, « c’est bien meilleur quand on mange tout seul. » Et il se félicita de son exploit. Lorsqu’il arriva à la maison, la petite souris demanda: « Comment avez-vous baptisé le bébé? »

– « Miparti, » répondit le chat. « Miparti? Pas possible! je n’ai jamais entendu un nom pareil. Je parie qu’il n’est même pas dans le calendrier. »

Le chat ne tarda pas à se sentir de nouveau l’eau à la bouche en pensant au pot de saindoux. « Jamais deux sans trois, » dit-il à la souris. « On me demande de nouveau d’être le parrain. L’enfant est tout noir, seules les pattes sont blanches, elles mises à part, il n’a pas un seul poil blanc. Un enfant comme ça ne nait qu’une fois par siècle! Tu me laisseras y aller, n’est-ce pas? »

– « Sanledessu! Miparti! » répondit la souris, « ce sont des noms si étranges. Cela ne s’est jamais vu. Ils me trottent dans la tête sans arrêt. »

– « C’est parce que tu restes tout le temps ici, avec ta vilaine robe gris foncé à longue natte, tu passes toutes tes journées enfermée ici, pas étonnant que tout se brouille dans ta tête, dit le chat. Voilà ce qui arrive quand on passe sa vie dans ses pantoufles. »

Le chat parti, la petite souris fit le ménage dans toute la maison. Pendant ce temps-là, le chat gourmand vida entièrement le pot de saindoux. « Et voilà, » pensa-t-il, « maintenant que j’ai tout mangé, je ne serai plus tenté. » Si repu qu’il s’essoufflait en marchant, il ne rentra à la maison que la nuit, mais serein. La petite souris lui demanda aussitôt le nom du troisième chaton. « Je suis sûr que tu n’aimeras pas, » répondit le chat. « Il s’appelle Toufini. »

– « Toufini! » chicota la souris. « Cela parait suspect, ce nom ne me dit rien qui vaille. Je ne l’ai jamais vu imprimé quelque part. Toufini! Qu’est ce que cela veut dire, en fait? »

Elle hocha la tête, se roula en boule et s’endormit.

The cat and mouse in partnership © Walter Crane

The cat and mouse in partnership © Walter Crane

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Depuis ce jour, plus personne n’invita le chat à un baptême. L’hiver arriva, et dehors, il n’y avait rien à manger. La petite souris se rappela qu’ils avaient quelque chose en réserve. « Viens, mon chat, allons chercher notre pot de saindoux que nous avons caché pour les temps durs. On va se régaler. »

– « Tu te régaleras, tu te régaleras, » marmonna le chat, « cela sera comme si tu sortais ta petite langue fine par la fenêtre. »

Ils s’en allèrent et lorsqu’ils arrivèrent dans l’église, le pot était toujours à sa place mais vide. « Ça y est, » dit la souris, « je comprends tout, j’y vois clair à présent. Tu parles d’un ami! Tu as tout mangé quand tu allais faire le parrain: d’abord Sanledessu, puis Miparti et pour finir… »

– « Tais-toi, » coupa le chat, « encore un mot et je te mange! »

Mais la petite souris avait le « Toufini » sur la langue, et à peine l’eut-elle prononcé que le chat lui sauta dessus, l’attrapa et la dévora. Eh oui, ainsi va le monde.

cat-and-mouse1

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Conte de fées des frères Grimm

Dame souris trotte, 

dame souris

Dame souris trotte,
Noire dans le gris du soir,
Dame souris trotte,
Grise dans le noir.

On sonne la cloche :
Dormez, les bons prisonniers,
On sonne la cloche :
Faut que vous dormiez.

Pas de mauvais rêve :
Ne pensez qu’à vos amours,
Pas de mauvais rêve :
Les belles toujours !

Le grand clair de lune !
On ronfle ferme à côté.
Le grand clair de lune
En réalité !

Un nuage passe,
Il fait noir comme en un four,
Un nuage passe
Tiens, le petit jour !

Dame souris trotte,
Rose dans les rayons bleus,
Dame souris trotte :
Debout, paresseux !

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dame souris1

Verlaine

Cat’s Life 

 qualité 480p

Henriëtte Ronner-Knip est née en 1821 à Amsterdam.Cest une artiste peintre animalière belgo-néerlandaise.

Henriëtte est le deuxième enfant du peintre Josephus-Augustus Knip

Élève de son père, elle débute très jeune par la peinture d’animaux, de paysages et de natures mortes

Elle a déménagé à un jeune âge à Den Bosch et a été actif à Sint-Michielsgestel et Boxtel. En 1850 elle épouse Feico Ronner et déménage en Belgique, d’abord à Bruxelles et en 1878 à Ixelles.

Elle est décédée le 2 Mars 1909 à Ixelles

© Celia Pike

© Celia Pike

Les Chats

Les amoureux fervents et les savants austères

Aiment également dans leur mûre saison

Les chats puissants et doux, orgueil de la maison

Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

Amis de la science et de la volupté,

Ils cherchent le silence et l’horreur des ténèbres ;

L’Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,

S’ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

Ils prennent en songeant les nobles attitudes

Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,

Qui semblent s’endormir dans un rêve sans fin ;

Leurs reins féconds sont pleins d’étincelles magiques,

Et des parcelles d’or, ainsi qu’un sable fin,

Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

Charles Baudelaire Les Fleurs du Mal 

Charles Baudelaire

Charles Baudelaire

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À propos de mimsy4818

" Même lorsque l'on croit que l'on n'attend plus rien, nous attendons toujours quelque chose ou quelqu'un…" Curieuse de tout j'aime partager tout simplement ,plutôt "electron libre " j'ai des petites révoltes ,déteste le mensonge ,l'hypocrisie ,la méchanceté ,en résumé " Un chat est un chat " un peu décalé J'aime essentiellement ma liberté même si elle demande des sacrifices conséquents Adore les animaux ,la nature , mer et campagne la photographie ,la peinture ,l'architecture ,la poésie (des autres) l'actualité et ......les voyages ,parcourir la planète même dans le virtuel Dernière activité Rêver

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