Le Nôtre, ©r Carlo Maratta, 1680.

Le Nôtre, ©r Carlo Maratta, 1680.

André Le Nôtre

est certainement le plus célèbre des  » jardiniers  » français

André Le Nôtre (né à Paris le 12 mars 1613 où il meurt le 15 septembre 1700 )est fils et petit-fils de jardiniers des Tuileries. Son père, Jean, porte, depuis 1625, le titre de dessinateur des plants et jardins, et partage la responsabilité des Tuileries avec Claude Ier Mollet. Son grand-père serait Pierre Le Nôtre, chargé en 1572 de l’entretien des parterres aux Tuileries. 

André Le Nôtre s’initie à la peinture dans l’atelier de Simon Vouet au Louvre pendant six ans ,à l’architecture avec François Mansart et il étudie également la sculpture auprès de Louis Lerambert. Curieux de tout, il apprend l’agronomie, l’hydrologie, les mathématiques. Féru de sciences, Le Nôtre met en scène, à partir d’un terrain plat, le dénivelé en paliers.

C’est au cours de cet apprentissage que le jardinier aurait rencontré le peintre Le Brun ,qu’il retrouve par la suite sur les chantiers de Vaux et de Versailles. Le Nôtre semble par ailleurs bien appliquer un certain nombre de techniques du XVIIe siècle. Ses constructions dans l’espace prouvent qu’il maîtrise les lois de la perspective et de l’optique. De même, comme tout jardinier de son temps, il connaît la nature des sols et possède un véritable savoir-faire en matière d’hydraulique.

Il conçoit avec la même assurance des ouvrages de grande envergure telle la terrasse de Saint-Germain-en-Laye sur 2,2 km (1669) ou, témoignant de son talent de dessinateur, des projets décoratifs comme, en 1684, celui d’une cascade d’un goût résolument baroque.

En 1635, Le Nôtre devient premier jardinier de Gaston de France, frère du roi Louis XIII, qui lui confie ses jardins de Saint-Cloud et du Luxembourg.

 En janvier 1637, le roi lui garantit la survivance de la charge de son père comme premier jardinier du roi aux Tuileries

En 1640, André Le Nôtre épouse à Paris Françoise Langlois, fille du gouverneur des pages de la Grande Écurie, qui lui survivra et avec qui il aura trois enfants, tous morts jeunes

       

Le Jardinier du Roi

Même s’il devient à vingt-deux ans premier jardinier de Monsieur, il ne réalise ses grandes oeuvres qu’au-delà de la quarantaine. Le jardinier travaille ainsi dans un premier temps à l’entretien des Tuileries ainsi que pour les jardins du Luxembourg, du Palais-Royal et de Fontainebleau.

Comme beaucoup d’hommes de talent du Grand Siècle, c’est au service du richissime surintendant des finances Nicolas Fouquet que Le Nôtre va révéler son art.

A Vaux le Vicomte il crée en pleine forêt un surprenant agencement de parterres et de fontaines, tirant parti des courbures du relief et des filets d’eau pour animer le site.

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Vue  du jardin de Vaux-le-Vicomte

Vue du jardin de Vaux-le-Vicomte.

Après la disgrâce du surintendant en 1661, Le Nôtre entre au service de Louis XIV

A la même époque il acquiert, en 1657, la charge de contrôleur général des bâtiments du roi. Ce poste, très prenant, nécessite des compétences variées : Le Nôtre doit faire surveiller des travaux les plus divers, touchant notamment à la serrurerie, la sculpture, la maçonnerie…, en rendre compte au surintendant et contrôler les mémoires des entrepreneurs en vue de leur paiement par les trésoriers généraux

A partir de 1660, Le Nôtre est sur tous les fronts.

Sept jardins seront ses oeuvres majeures Meudon ,St Germain en Laye ,Sceaux, Chantilly ,Les Tuileries ,Saint Cloud ,Versailles ,le jardinier intervient aussi à Trianon, Clagny, Maintenon, Saint-Cyr et peut-être Marly, à la demande de Louis XIV.

A Versailles

Jardins de Versailles en 1668

Jardins de Versailles en 1668

En l’espace de vingt ans, le parc change totalement de physionomie au gré de l’extension du projet et de l’ambition du roi.
Deux des pièces majeures de la composition, le « Grand Canal » et le « Bassin de Neptune », sont achevées, alors que les treize massifs boisés conservés du jardin d’origine sont presque tous recoupés d’allées et aménagés en bosquets.

Dès 1662, les premiers travaux d’aménagement concernent les abords du château et sont orchestrés par Le Nôtre aux côtés de Le Vau et de Le Brun.

Un parterre, seize massifs boisés et une grande pièce d’eau hérités de Louis XIII préfiguraient déjà l’axe majeur des futurs jardins.

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© Cotelle Jean  Vue des jardins

© Cotelle Jean Vue des jardins

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Le peintre Jean Cotelle a représenté les bosquets de Versailles comme autant de décors où apparaissent les dieux de l’Olympe et des protagonistes des métamorphoses d’Ovide. Il illustre, ainsi, l’imaginaire, à la fois, poétique et politique qui présidait au mythe solaire de Louis XIV. 

Ces bosquets, dont certains ont connu plusieurs versions du vivant du roi soleil, ont été dessinés par Le Nôtre ou par Hardouin-Mansart , l’architecte ayant parfois aussi remanié l’œuvre du jardinier. 

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© Cotelle Jean l'Ainé  Vue du parterre  de l'orangerie et de la pièce d'eau des Suisses

© Cotelle Jean l’Ainé Vue du parterre de l’orangerie et de la pièce d’eau des Suisses

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Les jeux d’eau y ont été réalisés par les fontainiers  Francine et Denis. De nombreux sculpteurs ont contribué à leur ornement.

Ses chantiers le conduisent également à travailler à Paris, dans plusieurs hôtels particuliers ainsi qu’au Palais-Royal, en Ile-de-France, aux châteaux de Saint-Maur, Saint-Martin de Pontoise, Chaville, Louvois, Pontchartain et Conflans, ainsi qu’en province à Gaillon, Guermantes, Castries, Les Rochers…

Son aura dépasse les frontières. Lors de son voyage en Italie, en 1679, où il est reçu par le pape, Le Nôtre aurait eu des commandes pour les jardins du Vatican et plusieurs demeures romaines. S’il est fort probable qu’il ne soit jamais allé en Angleterre, il a participé, grâce à l’envoi de plans et de collaborateurs, au remodelage des jardins de Hampton Court, de Greenwich et de Windsor.

André Le Nôtre portant l'ordre de Saint-Michel, © Carlo Maratta

André Le Nôtre portant l’ordre de Saint-Michel, © Carlo Maratta

Le sommet de la carrière du jardinier est, sans conteste, son anoblissement en 1681, où il choisit pour armes « un gros chou-cabus dont les premières feuilles pendent des deux côtés, comme des plumes ». En 1693 le roi le fait, de surcroît, chevalier de l’ordre royal de Saint-Michel, distinction rare réservée aux écrivains et aux artistes. Toutefois, Le Nôtre n’a jamais reçu le titre de premier jardinier du roi, même s’il en a occupé la position pendant plus de trente ans.

En 1693, âgé de 80 ans, il décide de se démettre de ses charges.

Il cesse donc de travailler pour ce dernier tout en lui offrant ses plus belles œuvres d’art

Il fait encore des projets : il envoie par lettre ses instructions pour les château de Charlottenburg et château de Cassel en Allemagne en 1694 et adresse à Guillaume III d’Angleterre des plans pour le château de Windsor en 1698.

Dyslexique, il compense ce trouble par une extraordinaire vision en trois dimensions.

 

A travers les quelques courriers qu’il a laissés, Le Nôtre apparaît comme un homme d’esprit et un courtisan subtil, soucieux de sa gloire et toujours prêt à recommander ses proches. Ce modeste, très respectueux des hiérarchies sociales, pratique une franchise calculée. Sous un naturel probablement travaillé, qui le place à l’écart des intrigues de la Cour, il sait s’attirer les bonnes grâces d’un roi passionné de jardins.

Salmacis et Hermaphrodite © Albane

Salmacis et Hermaphrodite © Albane

Un collectionneur reconnu

Bénéficiant de revenus considérables, Le Nôtre rassemble, à partir des années 1650, une collection d’oeuvres d’art d’une réelle cohérence. Celle-ci comprend des tableaux de peinture italienne, mais aussi hollandaise et flamande, des sculptures, des porcelaines et surtout en grand nombre des médailles modernes et des estampes. Proposée aux amateurs à partir de 1670-1675, la collection révèle le goût éclairé de son propriétaire, ainsi que son accession à un statut social élevé. En 1693, Le Nôtre donne à Louis XIV près de soixante-dix tableaux, bronzes, bustes en marbre et porcelaines. Par ce geste, le jardinier exprime sa reconnaissance au roi.

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© Claude Gellée dit Le Lorrain 1639 Port De Mer Au Soleil Couchant

© Claude Gellée dit Le Lorrain 1639 Port De Mer Au Soleil Couchant

Parmi ces oeuvres, on trouve trois Poussin, un Dominiquin et deux Claude Gellée, exposés aujourd’hui au Musée du Louvre.

Le Christ et la Femme adultère, 1653 © Poussin Nicolas

Le Christ et la Femme adultère, 1653 © Poussin Nicolas

Adam et Ève © Dominiquin 1623-1625,

Adam et Ève © Dominiquin 1623-1625,

année lenotre

En 2013, le château de Versailles rend hommage à André Le Nôtre, créateur des jardins de Versailles pour le 400e anniversaire de sa naissance, le jardinier de Louis XIV 

 

http://www.chateauversailles.fr/les-actualites-du-domaine/evenements/evenements/autres-evenements/annee-le-notre

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À propos de mimsy4818

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