papillons18 ©Karen Dukes Madame Butterfly.©Karen Dukes Madame Butterfly

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Le Papillon
Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur,
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S’enivrer de parfums, de lumière et d’azur,
Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S’envoler comme un souffle aux voûtes éternelles,
Voilà du papillon le destin enchanté!
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté!

Alphonse de Lamartine    1790-1869 

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papillons © Dirk Schulze

© Dirk Schulze

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Les Papillons

Quelques feuilles, guirlande verte,
Environnent de leur émail
Cette jeune rose entrouverte,
Petite coupe de corail.

Ses pétales aux teintes blondes,
Dont la nacre rose pâlit,
Se frisent et semblent les ondes
Du frais parfum qui la remplit.

Vois-tu, soulevant de son aile
Un nuage de tourbillons,
Voler et tourner autour d’elle
L’essaim naïf des papillons.

Ainsi, pour savourer l’ivresse
Du baume de la volupté,
Mes désirs voltigent sans cesse
– Sans cesse, autour de ta Beauté.

 

Louis-Xavier de Ricard  (1843-1911)

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Un petit Conte ……   L’affreuse chenille

Il était une fois… Une petite chenille velue… Celle-ci, perchée sur une haute feuille d’un mûrier, déjeunait avec appétit. 

Si bien qu’elle n’aperçut pas le merle qui volait dans sa direction avec convoitise. Ce dernier, évidemment, l’avait prise pour cible dans l’espoir d’en faire son repas. L’oiseau fondit sur elle. Heureusement, il la rata de peu et vint planter son bec pointu dans la feuille tendre. 

chenille

Sous le choc, la petite chenille perdit l’équilibre et dégringola jusqu’au sol.

– Ouf !  Pas de mal !, murmura-t-elle.
Soudain, quelques ricanements fusèrent derrière la malchanceuse. Se tortillant de tous ses anneaux, elle parvint enfin à se remettre sur ses pattes.

Une punaise, une araignée et une guêpe la regardaient en souriant.
– Regardez-moi cette petite ridicule !, dit la grosse araignée.
– C’est bien fait !  Beuêêêrk !  Un ver avec des poils !, ajouta la guêpe.
– Je… Je ne suis pas un ver, rétorqua la chenille.  Je suis une che…
Elle n’eut pas le temps de finir sa phrase ; l’énorme punaise lui coupa la parole :
– Tais-toi !  Les rampants sont nos inférieurs et ils nous doivent obéissance.
– Mais… Mais…, tenta la petite chenille.
– Fiche le camp !, dit l’araignée, ou tu me serviras de dîner.

La petite ne pouvait qu’obéir et fit demi-tour.

Depuis lors, chaque fois qu’elle apercevait un insecte, elle se cachait rapidement. Plusieurs jours s’étaient écoulés et la chenille vit pour la première fois son reflet dans la rosée d’une corolle de fleur.
– Mon Dieu !  Que je suis affreuse !  Je veux mourir, murmura-t-elle.
Lorsque le soir tomba, la petite chenille n’avait pas cessé de sangloter.  Épuisée, elle s’endormit. Quelques temps plus tard, elle s’éveilla.  Une brume épaisse semblait lui coller au corps.

– Où suis-je ?  Combien de temps ai-je dormi ?  Que m’arrive-t-il ?  Je distingue à peine la clarté et je suis à l’étroit dans ma peau…
L’araignée, la guêpe et la punaise qui passaient par là observèrent la petite chenille séchée qui se tortillait faiblement.
– Ne dirait-on pas l’affreuse idiote que nous avons rencontrée il y a quelques semaines ?, dit l’araignée.
– Serait-elle en train de mourir ?, questionna la guêpe.
– Bah !  De toute façon, laide comme elle était, ce n’est pas une grande perte !, ricana la punaise.

Un craquement sinistre retentit, faisant reculer les trois spectateurs.  Le bizarre objet séché n’était que la chrysalide de l’affreuse petite chenille. Le cocon, en se déchirant, libéra un énorme papillon. Il déploya toutes grandes ses ailes multicolores et toisa les trois médisants. 

Le papillon prit la parole :
– Cancanez et ricanez à votre aise, mes pauvres amis !  A présent, c’est mon tour.  Je vous plains, vous, qui toute votre vie devrez fuir devant ceux qui veulent vous exterminer !
A présent, l’affreuse chenille vous salue et s’en va folâtrer…
Sur ces mots, le beau papillon prit son envol.  Le déplacement d’air de ses battements d’ailes fit basculer les trois insectes ébahis.

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L’araignée, la guêpe et la punaise demeurèrent assises sur le sol jusqu’à ce que le papillon ait disparu dans le ciel.
Alors, en promenade, ne chassez pas les papillons.  Ils souffrent assez pour naître…

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À propos de mimsy4818

" Même lorsque l'on croit que l'on n'attend plus rien, nous attendons toujours quelque chose ou quelqu'un…" Curieuse de tout j'aime partager tout simplement ,plutôt "electron libre " j'ai des petites révoltes ,déteste le mensonge ,l'hypocrisie ,la méchanceté ,en résumé " Un chat est un chat " un peu décalé J'aime essentiellement ma liberté même si elle demande des sacrifices conséquents Adore les animaux ,la nature , mer et campagne la photographie ,la peinture ,l'architecture ,la poésie (des autres) l'actualité et ......les voyages ,parcourir la planète même dans le virtuel Dernière activité Rêver

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