Robert Bateman Snowy Owl©Robert Bateman Snowy Owl

Autrefois, les oiseaux étaient blancs, tout blancs.

Un matin, Corbeau et Harfang s’amusaient ensemble sous l’igloo. Comme chaque jour, ils jouaient avec les petits os d’une nageoire de phoque à inugait, un jeu que les Inuit aiment beaucoup. Ils disposaient les os sur le sol et les assemblaient, tantôt pour reconstituer la nageoire, tantôt pour représenter un traîneau avec des chiens ou un iglou et toute une famille.
Mais les deux amis se lassèrent et décidèrent de changer de jeu :

« J’ai une idée ! Si on jouait à se peindre le plumage ! » proposa Corbeau à Harfang.
« Oh oui ! Ce serait très drôle ! Mais comment faire ? »
Dans leur igloo, bien sûr, ils n’avaient pas de peinture sous la main.

Mais Corbeau et Harfang étaient des oiseaux très malins. Ils mélangèrent la suie de la lampe à huile avec du gras de phoque et obtinrent ainsi une sorte de peinture noire très onctueuse. Ils la versèrent dans un petit récipient en pierre à savon. Leur nouveau jeu pouvait commencer !
C’est Corbeau qui se lança le premier. Il tira une longue plume de son aile gauche, la plongea dans la peinture noire, et se mit à l’ouvrage. Il s’appliqua tant et si bien qu’aujourd’hui, Harfang porte encore les magnifiques touches noires que Corbeau lui a peintes sur les ailes !
« Ça y est ! J’ai fini ! Tu peux maintenant te regarder dans la glace ! »
Harfang s’approcha du bloc d’eau douce gelée qui dans l’igloo sert de fenêtre et de miroir. Il admira son reflet : ses nouvelles ailes, noires et blanches, lui plurent tout de suite.
« Oh, bravo ! C’est magnifique ! »
Et pour remercier Corbeau, Harfang lui offrit une très belle paire de kamiik, les bottes inuit en peau de phoque.

Corbeau les enfila et se mit à sauter de joie en criant : « Merci ! Merci Harfang pour ce beau cadeau ! Je ne vais plus les quitter, elles sont vraiment très belles !
— Bien, mais maintenant, c’est à mon tour de te peindre. Calme-toi un peu, que je puisse moi aussi te dessiner un beau plumage. »

Harfang tira à son tour une plume de son aile, la trempa dans le récipient de peinture noire et tenta de peindre les ailes de Corbeau.

Mais Corbeau, fou de joie, continuait de sauter, de bouger, de danser avec ses nouvelles bottes.
« Arrête de bouger ! Comment veux-tu que je m’applique ? J’en mets partout ! » se plaignait Harfang.
Mais Corbeau continuait de plus belle. Et plus Corbeau était joyeux, plus il dansait, et plus il dansait, moins Harfang réussissait à peindre de jolis motifs.
Au bout d’un moment, excédé, Harfang prit le récipient plein de peinture noire et le renversa rageusement sur la tête de Corbeau.
Depuis ce jour, les corbeaux sont noirs, tout noirs.

Robert Bateman Snowy-Owl-and-Milkweed1

© Robert Bateman  Snowy Owl and Milkweed

Robert Bateman Winged Spirit -Snow Owl  Robert Bateman

©Robert Bateman  Winged Spirit

.

Les sources d’eau chaude


Il y a très longtemps, dans un pays très lointain, vivaient des samouraïs. Dans ce lointain Japon, il y avait plusieurs clans de samouraïs, et comme ils sont des guerriers, les batailles entre ces clans étaient fréquentes.

Un des clans, tout au nord du Japon, était spécial, car ses samouraïs savaient parler aux animaux.  Ils avaient des espèces favorites :

les harfangs, qui pouvaient leur servir d’espion, car en volant haut dans le ciel, ces oiseaux pouvaient les prévenir si des ennemis s’approchaient.

.

Robert Bateman Winged Spirit -Snow Owl

©Robert Bateman  Winged Spirit

L’autre espèce favorite était les macaques. En étant beaucoup plus petits que les hommes, ces singes pouvaient se faufiler n’importe où sans se faire voir. Ils dérobaient même la nourriture aux ennemis sans qu’on ait eu à leur montrer. Et même s’ils étaient vus, qui aurait pu penser qu’un si mignon petit macaque est un espion?

Mais une année, il y eut un hiver très froid. Les plumes des harfangs les protégeaient bien de la froidure, mais les pauvres macaques gelaient, leur fourrure étant trop courte…

Beaucoup sont morts de froid.

Les samouraïs inquiets ne savaient pas quoi faire pour protéger leurs petits amis… Ils ont bien essayé de leur fabriquer de chauds manteaux, mais les singes ne les aimaient pas, car cela gênait trop leurs mouvements. Comme les hiboux et chouettes sont reconnus pour être des sages, le shogun décida de consulter le roi des harfangs.
.

Robert Bateman, Afternoon Glow - Snowy Owl; ...

©Robert Bateman  Afternoon Glow

.
-Ô grand roi blanc, vois dans quel embarras nous sommes. Nos amis, vos amis, les macaques, sont en train de mourir, car ils sont sensibles au froid…  Que pouvons-nous faire? Avez-vous une idée?

Le roi des harfangs avait bien une idée, mais il ne la dit pas tout de suite au shogun, car il n’était pas sûr qu’elle réussirait.

Il réunit peu après tous ses harfangs et leur parla ainsi : Harfangs des neiges, nous devons tenter quelque chose pour sauver nos amis les macaques…

J’ai bien une idée, mais cela pourrait être très dangereux. Qui veut m’accompagner? Tous les harfangs ululèrent pour dire qu’ils étaient tous volontaires… Et l’on vit une grande nuée s’envoler très haut dans le ciel, tout droit vers le soleil.

Ils volèrent longtemps, très longtemps, et arrivèrent près du soleil… les plumes les protégeaient de la chaleur aussi bien qu’elles les préservaient du froid de l’hiver, mais ils devaient faire vite, car le soleil est quand même très chaud… Chaque harfang prit dans son bec un tout petit morceau du soleil, et chacun reprit ensuite le chemin du Japon…

Les harfangs déposèrent tous leur parcelle de soleil aux pieds du Shogun, et bientôt, la neige fondit tellement qu’elle forma un petit lac, et comme les morceaux de soleil étaient vraiment très chaud, l’eau de ce petit lac était bien confortable, même en plein hiver… Les samouraïs portèrent les macaques encore vivants, mais trop faibles pour marcher dans cette source d’eau chaude, et la chaleur les aida bientôt à reprendre toute leur vigueur. Et la chaleur de ces parcelles était si intense, que l’on trouve encore de nos jours de ces sources d’eau chaude où les macaques frileux peuvent aller se réchauffer.

.

Robert BatemanPlowed-Field-Snowy-Owl1

©Robert Bateman  Plowed Field

Robert Bateman

est un naturaliste et peintre canadien né à Toronto le 24 mai 1930. Déjà enfant il s’intéressait à l’art et à la nature. Il trouva d’abord son inspiration dans le Groupe des Sept, en réalisant des peintures abstraites de la nature.

***Il a toujours peint la faune et de la nature, à commencer par un style figuratif, se déplaçant à travers l’impressionnisme et le cubisme à l’expressionnisme abstrait. Dans son début des années 30, il est retourné au réalisme comme un moyen plus approprié pour exprimer la particularité de la planète***

Ce ne fut que vers1962 qu’il changea l’abstraction pour son style actuel, le réalisme

 Il a été fasciné par le monde naturel dès son enfance. En étant encore enfant il a même répertorié toutes les espèces d’oiseaux qu’il observa dans les alentours de la maison où il habitait avec ses parents, à Toronto

Tous les éléments étaient présents pour qu’adulte Robert Bateman devienne un artiste spécialisé dans la représentation d’animaux sauvages mais il devint finalement professeur d’histoire dans l’enseignement secondaire. Néanmoins il continua de peindre dans son temps libre. Ce ne fut pas avant les années 70 et 80 que son œuvre commença à vraiment être reconnue. 

Bateman a aussi publié une dizaine de livres consacrés uniquement à ses peintures

Sa décision de produire des reproductions de ses œuvres a été critiquée par ceux qui estiment que les reproductions sont « des affiches vendues beaucoup trop chères qui dévalorisent le marché légitime de l’art ». Ces affiches sont devenues des objets populaires, elles sont désormais vendues dans approximativement 500 magasins canadiens et bien plus dans le reste du monde

 L’Art Bateman reflète son engagement pour l’écologie et la préservation. Depuis le début des années 60, il a été un membre actif de clubs de naturalistes et autres organismes de conservation

.

Robert Bateman ready_for_the_hunt-snowy_owl

©Robert Bateman   Ready for the hunt

Publicités

À propos de mimsy4818

" Même lorsque l'on croit que l'on n'attend plus rien, nous attendons toujours quelque chose ou quelqu'un…" Curieuse de tout j'aime partager tout simplement ,plutôt "electron libre " j'ai des petites révoltes ,déteste le mensonge ,l'hypocrisie ,la méchanceté ,en résumé " Un chat est un chat " un peu décalé J'aime essentiellement ma liberté même si elle demande des sacrifices conséquents Adore les animaux ,la nature , mer et campagne la photographie ,la peinture ,l'architecture ,la poésie (des autres) l'actualité et ......les voyages ,parcourir la planète même dans le virtuel Dernière activité Rêver

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s