carnaval-de-venise.

Le carnaval de Venise est une fête traditionnelle italienne remontant au Moyen Âge. Apparu vers le Xe siècle, il a été institutionnalisé et « codifié » durant la Renaissance. Après une période d’éclipse au cours du XX siècle, il est réapparu, sous sa forme actuelle, en 1979.

Le carnaval de Venise se déroule tous les ans vers la fin du mois de février ou le début du mois de mars, au cours de la période de douze jours précédant le Mardi Gras. 

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Canaletto - La Place Saint-Marc et la Piazzetta - vers 1743

©Canaletto – La Place Saint-Marc et la Piazzetta – vers 1743

 

En 1004 le carnaval était déjà mentionné dans une charte du doge Vital Faliero de Doni, et en 1269 le Sénat prescrivait qu’on eût à considérer la veille du Carême comme un jour de fête (Mardi Gras).

On pouvait alors porter le masque, grâce auquel on retrouvera plus tard une ombre de l’égalité perdue au cours du temps, quand, sous des vêtements d’emprunt, les nobles fraternisaient encore avec le peuple.

Quant à celles jugées moins séduisantes, elles recevaient des œufs … pourris. En 1268, un décret interdit aux hommes masqués de s’adonner à ce jeu.

Au XVI siècle , contrôlé par les autorités, le carnaval officialisa certaines coutumes, comme le port du masque, les divertissements sur les petites places.

Beaucoup de jeux particulièrement cruels, et heureusement disparus, se déroulaient alors au détriment d’animaux.

-On s’adonnait au jeu de l’oie.

Pendue au-dessus d’un canal gelé, une oie devait être décrochée, quel qu’en soit la manière.

– Le jeu du chat  

On attachait un chat vivant à un poteau vertical et le jeu consistait à se précipiter, la tête la première contre le pauvre chat, pour l’écraser.

– Les courses de taureaux.

On lâchait des taureaux dans des lieux clos, où les chiens venaient les mordre.
– Ou encore, le jeu des échasses  

Des personnages masqués, juchés sur des échasses, arpentaient à toute vitesse les ruelles et traversaient les canaux. 

Pas besoin d’un service d’ordre, ou de forces de sécurité : tout ce grand mouvement passait, et s’écoulait paisible et joyeux à travers les calli, comme une véritable fête de famille.

Pour éviter le ressentiment populaire, une loi interdisait aux riches vénitiennes de porter leurs bijoux en public, sauf pendant les fêtes officielles et durant les derniers jours du carnaval ! Le carnaval leur permettait enfin de satisfaire toutes leurs coquetteries.

Au milieu de la multitude animée, mobile, joyeuse, parmi la lueur des torches et le bruit des trompettes, circulaient des masques aux mille déguisements étincelants d’or et de pierreries, et des matrones aux robes précieuses dont la queue immense était soutenue par des servantes.

Au milieu de cette fermentation le peuple était plutôt bon et pacifique.

Inspiré par la Commedia dell’arte, on retrouve les célèbres Arlequin et Pantalon, Polichinelle, Brighella, Colombine, Scaramouche et tant d’autres se rencontraient, s’apostrophaient et faisaient leur comédie sur la place

Le déguisement traditionnel est la « bauta » (un masque blanc, prononcez la Baouta,) comprenant le « tabarro » (une longue cape noire, la « larva » et le tricorne, ou encore le masque d’Arlequin (son habit est coloré à losanges : au XVIe siècle, loin d’être élégant, l’habit était simplement rapiécé pour figurer les haillons d’un mendiant).

La « moretta » est un masque porté par les femmes, ovale, de velours noir complété de voilette et avec un petit chapeau à larges bords. Le « domino »  un manteau long, avec une capuche qui couvre le visage.

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Flameng Francois Le Carneval à Venise

©Flameng Francois Le Carnaval à Venise

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La Réputation du Carnaval de Venise

Les raisons du succès et de la réussite du carnaval de Venise depuis la renaissance (et peut-être même avant) étaient à la fois politiques et économiques.

Le peuple, qui aimait les fêtes et les divertissements publics, trouvait dans le carnaval l’amusement et le plaisir, mais il y trouvait surtout une liberté d’expression qui n’existait nulle part ailleurs.

On pouvait critiquer et se moquer de qui on voulait comme on voulait : pendant le carnaval, la République aristocratique devenait démocratie sous la forme du rire et de la joie.

Les règles de préséance s’effaçaient, seule la fête du carnaval rassemblait tout le monde sous sa bannière.

Le défoulement du carnaval était un facteur de paix sociale. 

Une seule règle  

Prendre du bon temps, rire, danser et s’amuser ensemble.

Au XVIII e siècle, le carnaval de Venise commençait dès le premier dimanche d’octobre jusqu’à Noël, puis il reprenait depuis l’épiphanie jusqu’à mardi gras minuit, où la cloche annonçait la fin des festivités.

Il recommençait à l’ascension, pour deux semaines.

Et il ressuscitait à chaque élection d’un nouveau doge, à la Saint-Marc ou à n’importe quelle occasion !

La période du carnaval ouvrait la saison des opéras et des comédies, et tout Venise attendait les nouveautés avec impatience. 

Albinoni et Vivaldi se chargeaient des opéras, et les meilleurs interprètes ravissaient un public très friand de belles voix.

Le célèbre Farinelli demandait des cachets astronomiques.

A Venise, la musique est une passion, parce que Venise est le pays de la musique.

Les belles dames aimaient particulièrement se rendre à l’opéra, où leurs toilettes resplendissaient sous les lumières des grands lustres qui faisaient scintiller leurs bijoux. 

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Pietro Longhi Le Ridotto

©Pietro Longhi Le Ridotto

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Quand le divertissement de la place se termine, celui du Ridotto peut commencer.

Le « Ridotto », ancêtre du casino, était ouvert chaque soir et il était accessible à tous et à toutes, à la seule condition de porter le masque.

Pour Casanova et Da Ponte, et le Ridotto était un lieu privilégié pour les rencontres.

Des femmes de toutes les couches de la société s’y trouvaient sous le masque, avec lesquelles on pouvait converser, jouer, flirter…

Le respect qui était dû au masque ouvrait toutes les portes, y compris celles des palais et des couvents, tout en garantissant l’incognito.

Plus de jour, plus de nuit. On dormait, mangeait et buvait quand on voulait

Le Vol De L’Ange


La cérémonie d’ouverture des festivités du Carnaval était marquée par le
« Svolo dell Angelo »

 , le vol de l’Ange, où un acrobate audacieux descendait sur une corde tendue entre la plate forme du Campanile et la Loggia du Palais Ducal, où le Doge assistait à la scène

Le Vol de l’Ange inaugure toujours le Carnaval et l’Ange se jette dans le vide aux douze coups de midi.

Mardi Gras, dernier jour de carnaval , on tirait le feu d’artifice en plein jour, et le soir on brûlait l’effigie de carnaval :

un bûcher était dressé sur la piazzetta près des colonnes, et on y jetait Carnaval qui se débattait en criant des injures.

A minuit les cloches du Campanile de San Francesco de la Vigna sonnaient pour annoncer la fin des festivités.

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©Delort Charles  Le Carnaval de Venise©Delort Charles  Le Carnaval de Venise

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Mais suite à des problèmes, le carnaval fut interdit en 1797 par Napoléon Bonaparte durant plusieurs années et ensuite autorisé à nouveau par les Autrichiens.

Réapparu à la fin des années 1970, c’est aujourd’hui l’un des carnavals les plus connus au monde.

C’est sur la grande galerie du palais des Doges d’époque et de style gothique que se retrouvent volontiers les masques du carnaval dont la vogue très ancienne fut relancée par la municipalité à la fin des années 1980.

Toutes ces festivités, qui durent désormais près d’un mois, avaient été supprimées dès la chute de la Sérénissime République, soit à la fin du XVIIIe siècle.

C’est pourtant au cours de cette époque que le carnaval connut une véritable apothéose. Il transformait la ville en un gigantesque bal costumé.

Les personnages du Carnaval se divisent en deux grandes catégories

Les « Allégoriques »

se distinguent par des costumes où la fantaisie côtoie la poésie, la couleur des tissus et les accessoires faisant le charme de l’ensemble.

Les « allégoriques » le plus souvent dans la journée se tiennent sur la place Saint Marc où ils prennent des poses suggestives et élégantes. Ils ont le plus souvent le visage couvert par un masque.

Les « Historiques »

sont vêtus en général de costumes du XVIIIe siècle, voire du XIXe On trouve dans cette catégorie beaucoup de vénitiens, mais aussi des français, des allemands, on les trouve, dans le célèbrissime Café « Le Florian ». 

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Café Florian

Les gâteaux traditionnels
Frittelle et Galani sont les symboles du Carnaval.

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©Jean-Claude Campana Musique au Café Florian

©Jean-Claude Campana Musique au Café Florian

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À propos de mimsy4818

" Même lorsque l'on croit que l'on n'attend plus rien, nous attendons toujours quelque chose ou quelqu'un…" Curieuse de tout j'aime partager tout simplement ,plutôt "electron libre " j'ai des petites révoltes ,déteste le mensonge ,l'hypocrisie ,la méchanceté ,en résumé " Un chat est un chat " un peu décalé J'aime essentiellement ma liberté même si elle demande des sacrifices conséquents Adore les animaux ,la nature , mer et campagne la photographie ,la peinture ,l'architecture ,la poésie (des autres) l'actualité et ......les voyages ,parcourir la planète même dans le virtuel Dernière activité Rêver

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