© Johan F.C. Scherrewitz "Pêcheurs à Cheval et la Charrette "

Vagues d’argent et beau ciel clair

Le flot sur les grèves se vide.

Les cinq pêcheurs équestres de Coxyde

Pèchent nonchalamment, sur le bord de la mer.

Dans les lueurs et dans les moires

Des vagues pâles, passent,

Allant, venant,

Leurs silhouettes noires

Les chevaux vieux, les chevaux las,

Parfois lèvent la tête et regardent là-bas,

L’espace …

Les mailles traînent

Lentes et pesantes ; dans le remous,

Les bêtes vont, les rênes

Tombantes sur le cou,

Et monotones ;

Le corps houleux, au rythme de leur dos,

Leur cavalier les yeux mi-clos,

Siffle ou chantonne.

Une heure passe, une heure ou deux,

On est heureux ou malchanceux,

Le poisson vient ou bien se cache,

On travaille par les temps chauds, par les temps froids,

Toujours, et néanmoins, on retourne chez soi,

Oh ! que de fois !

Les paniers creux, sonnants et lâches.

Ainsi peinent les pêcheurs vieux,

Contents de rien, contents de peu,

Usant dans le malheur ou dans la chance,

Dans la contrainte et dans l’effort,

Les sabots de l’existence

Qui se brisent un jour et réveillent la mort,

Pourtant, tels soirs d’été, quand, aux heures de lune

Sur leurs chevaux pesants, ils remontent les dunes

Et apparaissent, au loin sur les crêtes à contre-ciel

Chargés de filets et de toiles,

On croirait voir de grands insectes irréels

Qui reviennent de l’infini

Après besogne faite et butin pris,

Dans les étoiles.

Emile Verhaeren

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Pratiquée déjà au 15è siècle sur toute la côte de la mer du Nord (en France, en Belgique, en Hollande et même dans le sud de l’angleterre) la pêche « à cheval » en mer est une tradition perpétuée aujourd’hui uniquement à Oostduinkerke,

Les pêcheurs utilisaient jadis des mulets (croisement de la jument et de l’âne) pour leur calme et leur puissance de traction (les mulets furent utilisés pendant la première guerre mondiale pour tirer les canons et les chariots).  Cette pêche, pratiquée alors par les petits agriculteurs habitant dans les dunes, représentait pour ceux-ci un revenu complémentaire bien nécessaire.

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(© NAVIGO - Nationaal Visserijmuseum, Gemeente Koksijde

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La pêche à la crevette se pratique à marée basse en un laps de temps de 2 à 3 heures dans l’eau. Les mois les meilleurs sont mai et octobre. Les plus grosses « prises » sont en général réalisées par forte marée, à la pleine lune et à la nouvelle lune, de mai à juin.

Jadis, la « Drague » (long filet conique) était attaché à une latte en bois, épaisse et large de 4m, dont la face avant était arrondie en forme de cône, comme les dents d’une pelleteuse. Cette latte était reliée à un manche en bois vertical qui était à portée de main du pêcheur près du panier.

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(© NAVIGO - Nationaal Visserijmuseum, Gemeente Koksijde

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Ce dernier pouvait ainsi incliner plus ou moins la face avant de la latte pour racler le fond de l’eau. Les crevettes alors effrayées, faisaient des bonds de plus ou moins 25 cm de haut et venaient ainsi s’engouffrer dans la gueule béante du filet.

Le mulet tractait ainsi le filet attaché à la latte en faisant plusieurs aller/retour entre la mer et la plage. Cette méthode de pêche fut pratiquée jusque dans les années ’50.

Vers 1955, les pêcheurs utilisent un nouveau type de filet, ayant une ouverture d’environ 10m (au lieu des 4m habituels) et accroché à deux planches rectangulaires (les « portes »).

(© NAVIGO - Nationaal Visserijmuseum, Gemeente Koksijde

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Pendant la traction, les « portes » s’écartent l’une de l’autre sous la pression de l’eau: de par leur attache et leur configuration, elles se mettent sur la tranche et ouvrent le filet sur toute sa largeur.

La partie supérieure du filet reste élevée grâce à une série de flotteurs, tandis que la partie inférieure, munie d’une chaîne, râcle le fond de l’eau en provoquant des ondes de choc. Les crevettes, effrayées, bondissent alors et viennent s’engouffrer dans la gueule béante du filet.

Cette nouvelle méthode de pêche exige un bien plus gros effort de traction et de stabilité dans la mer: le mulet n’était plus adapté à la situation.

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© lelittoral.be

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Il est dès lors remplacé par le lourd cheval de trait (d’un poids moyen de 1.000kg) qui s’impose pour tracter, sans trop d’effort, le grand filet ouvert sur une largeur de plus ou moins 10m.

Cela remit à l’honneur la race « Brabançon », cheval de trait purement Belge initialement destiné à la traction d’attelages puis à l’agriculture

A cette époque, une grande superficie de dunes en bord de mer fut envahie par la construction de villas et de buildings: tous les petits chemins utilisés par les pêcheurs disparaissaient petit-à-petit pour laisser place à des routes fréquentées. Le nouveau matériel de pêche, plus lourd que l’ancien, nécessita dès lors l’utilisation d’une charrette pour son transport.

Actuellement, la pêche à cheval de la crevette ne représente plus un revenu complémentaire mais fait partie de la tradition perpétuée par des hommes passionnés par le cheval de trait et la mer.

Les pêcheurs sont différenciés et reconnaissables à leur selle. Chacun la personnalise avec une couverture différente. Les harnais sont également différents.

Sur le dos du cheval il y a d’abord 1 ou 2 couvertures, puis une selle en bois, le tout solidement attaché au moyen d’une corde ou d’une sangle.

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© Lemineur La selle d'Eddy d'Hulster, avec la même couverture verte lignée noir que sur le cheval utilisé par Raymond Devos

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Un sac de paille de seigle est ensuite placé sur cette selle de bois (la paille de seigle pourrit moins facilement). Avant d’entrer dans l’eau, un set de paniers reliés par une corde marine est placé derrière la selle que l’on nomme avec humour « Preekstoel » (chaire de vérité).

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Oostduinkerke "Chevaux "

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Les pêcheurs de crevettes de la Côte belge 

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Source http://paardenvissers-fotolemineur.blogspot.fr/

http://www.lelittoral.be

Sept valeureux pêcheurs, qui disent espérer apprendre le métier de pêcheur de crevettes à cheval aux jeunes, se sont regroupés dans une société, baptisée, celle-ci, «Oostduinkerkse Paardevissers» («les pêcheurs de crevettes à cheval d’Oostduinkerke»). Ils ont leur local dans l’estaminet «De Paardevisscher» situé dans la cour du Musée national de la pêche. Selon leur président, lui-même pêcheur de crevettes à cheval, Eddy D’Hulster, leur but est de défendre leurs droits, d’initier des jeunes à leurs secrets, mais également de montrer aux touristes le comment et le pourquoi de cette pêche artisanale qui n’est plus pratiquée qu’à Oostduinkerke. (28 février 1996

http://archives.lesoir.be)

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À propos de mimsy4818

" Même lorsque l'on croit que l'on n'attend plus rien, nous attendons toujours quelque chose ou quelqu'un…" Curieuse de tout j'aime partager tout simplement ,plutôt "electron libre " j'ai des petites révoltes ,déteste le mensonge ,l'hypocrisie ,la méchanceté ,en résumé " Un chat est un chat " un peu décalé J'aime essentiellement ma liberté même si elle demande des sacrifices conséquents Adore les animaux ,la nature , mer et campagne la photographie ,la peinture ,l'architecture ,la poésie (des autres) l'actualité et ......les voyages ,parcourir la planète même dans le virtuel Dernière activité Rêver

Une réponse "

  1. paulat dit :

    j ai vu un reportage sur ces peches à cheval, et j avais trouvé cela tres interressant.

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