Incontournable Café Florian

Le Caffè Florian est le plus ancien, célèbre et luxueux café de la Place Saint-Marcde Venise en Italie fondé en 1720 par Floriano Francesconi. Il est situé à côté de la tour Campanile.

Le propriétaire d’alors l’avait appelé « Venezia Trionfante » La Venise triomphante Mais, les clients, eux, préféraient l’appeler du nom de son sympathique propriétaire, Floriano Francesconi. C’est ainsi qu’il est deveni le Café Florian ou, en vénitien, le Caffè Florian. 

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Ce Café a toujours vécu au coeur de l’histoire de Venise. Il abrita par exemple la résistance à l’occupant français, puis autrichien. Goldoni aimait y observer ses contemporains d’un oeil critique. Casanova, lui, aimait y observer les dames pour qui c’était le seul établissement autorisé. Il abrita de nombreux personnages illustres. Citons rapidement Byron, Goethe, Mme de Staël, Châteaubriand, Dickens, Proust, Rubinstein, Stravinsky, Modigliani. 

Le Café Florian n’était en effet pas uniquement, comme l’avait souhaité son propriétaire et fondateur, un café, mais surtout un lieu de vie et de rencontre.

« Dans son temps, Florian était traité en camarade par les plus grands seigneurs vénitiens.

Une soirée au Café Florian

 

Hippolyte Taine dans son livre A Venise, nous décrit une soirée au Café Florian en avril 1864 :

« Les guirlandes de lumières commencent à s’allumer sous les arcades des Procuraties.

On s’assoit au café Florian, dans de petits cabinets lambrissés de glaces et de liantes figures allégoriques les yeux mi-clos, on suit intérieurement les images de la journée qui s’arrangent et se transforment comme un rêve.

On laisse fondre dans sa bouche des sorbets parfumés, puis on les réchauffe d’un café exquis, tel qu’on n’en trouve point ailleurs en Europe ; on fume du tabac d’Orient, et on voit arriver des bouquetières en robes de soie, gracieuses, parées, qui posent sans rien dire sur la table des narcisses ou des violettes.

Cependant la place s’est remplie de monde ; une foule noire bourdonne et remue dans l’ombre rayée de lumières ; des musiciens ambulants chantent ou font un concert de violons et de harpes.

On se lève, et derrière la place peuplée d’ombres mouvantes, au bout d’une double frange de boutiques éclairées et joyeuses, on aperçoit Saint-Marc, son étrange végétation orientale, ses bulbes, ses épines, sa filigrane de statues, les creux noircissants de ses porches, sous le tremblotement de deux ou trois lampes perdues. » 

Une Journée au Café Florian

Paul de Musset, le frère d’Alfred, complète le tableau en décrivant les variations d’atmosphère au long de la journée dans les cafés de la Place Saint Marc :

« Pendant l’été, les dames viennent s’asseoir sur des chaises devant les deux établissements de Florian et de Suttile, pour écouter la musique de la garnison, qui donne concert de huit à dix heures du soir.

On trouve là toute la société réunie par groupes.

On va de l’un à l’autre ; on s’assied près de qui l’on veut, aussi longtemps qu’on le désire, et l’on cause en prenant des glaces.

[…] A dix heures, l’aspect du salon se modifie : l’orchestre enlève ses pupitres et rentre à la caserne ; les dames se retirent peu à peu, la foule s’écoule lentement.

[…] On reconnaît alors ces amateurs de la vie nocturne qui semblent détester le lit ; pour eux les cafés restent si bien ouverts qu’on eu supprime les portes depuis. La Fête-Dieu jusqu’à la Toussaint ; pour eux les garçons veillent à tour de rôle.

A minuit on mange et on cause; à trois heures du matin on bavarde encore; enfin, à quelque heure de la nuit que, vous descendiez à Saint-Marc, vous y trouvez des gens attablés, des promeneurs, des mangeurs de glace, des joueurs d’échecs, et surtout des flâneurs oisifs, qui ne font rien, ne s’ennuient jamais, et restent là, parce qu’ils s’y trouvent bien. »
Paul de Musset – Voyage Pittoresque en Italie 1855 

Raoul Töpffer, en 1842 

(…)  « Ô le merveilleux établissement ! ô la royale industrie ! C’est sur la place Saint-Marc : chaises, tables, tentures, sorbets, bonbons, limonades, tout est prêt à toute heure, et pour autant de particuliers qu’il en arrive »

. Dans les années 1800, le Café Florian était ouvert toute la nuit

Il a vu bien des folles nuits du carnaval de Venise, alors que Venise avait encore un carnaval et que les masques mystérieux et rieurs se croisaient en s’appelant sous les galeries des Procuraties.

Il se souvient des rois et des princes exilés, des généraux vainqueurs et insolents et parmi eux de Marmont, infirme et taciturne, traînant à Venise le souvenir de sa trahison.

Il a vu dans leur tristesse sereine ou tourmentée les artistes et les poètes immortels; Chateaubriand, suivi comme d’une ombre par son inexorable ennui; Manzoni, aux jours de sa pure jeunesse ; 

Byron au temps de ses belles amours: Cimarosa, malgré l’hospitalité de la lagune qui le berça comme une mère, expirant avant l’heure des suites de sa proscription cruelle dont le frappèrent le barbare cardinal Ruffo et l’infâme Caroline de Naples.

Canova, venant mourir doucement à Venise ; Léopold Robert, désespéré, s’y donnant une mort sanglante ; 

Alfred de Musset mélancolique et railleur ; Balzac, noyant dans les splendeurs de sa psychologie universelle les déceptions et les hideurs de la vie. 

Jules Lecomte 1844 

(..)« A la place Saint-Marc, ce centre des cafés vénitiens, chaque nationalité comme chaque société a son lieu de prédilection, son rendez-vous favori.

Le café Florian et le café Militaire ou Quadri, sont les deux principaux. Ils sont face à face, un de chaque côté de la place, comme deux rivaux qui se défient de l’oeil à travers l’arène.
– Quadri est turbulent et tapageur. Il est
 Veneto-Germain
– Florian est calme et posé. Il est Franco-vénitien, voilà toute la différence.

L’étranger qui passe à Venise, l’Anglais, le Français surtout, adopte Florian. C’est un nom qui est arrivé jusqu’au-delà des Alpes. On sait que c’est une espèce de centre où, a l’heure de l’arrivée des journaux, on pourra rencontrer ses compatriotes, ses amis en voyage. »(…)

L’intérieur actuel date de 1858

Fresques, peintures, miroirs, lampes, tout y est fait pour donner une touche d’intimité et en même temps de luxe.

Et parmi les peintures les plus fameuses du Florian, il y a évidemment le fameux chinois, 

Café Florian "Le Chinois "

Le Florian, lieu de passage obligé de l’intelligentsia vénitienne ou de passage, a reçu le fameux Carlo Goldoni et son ennemi littéraire Carlo Gozzi, Canova, Paul de Musset mais aussi Alfred de Musset et Georges Sand, Madame de Staël,Charles Dickens, Rainer Maria Rilke, Honoré de Balzac,Henry James, Lord Byron, Marcel Proust, Paul Morand,Henri de Régnier…


Il continue encore aujourd’hui d’être prisé par les écrivains et autres personnalités de ce monde et nous pouvons citer Jean d’Ormesson et Philippe Sollers qui y ont écrit certains de leurs plus beaux mots.

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À propos de mimsy4818

" Même lorsque l'on croit que l'on n'attend plus rien, nous attendons toujours quelque chose ou quelqu'un…" Curieuse de tout j'aime partager tout simplement ,plutôt "electron libre " j'ai des petites révoltes ,déteste le mensonge ,l'hypocrisie ,la méchanceté ,en résumé " Un chat est un chat " un peu décalé J'aime essentiellement ma liberté même si elle demande des sacrifices conséquents Adore les animaux ,la nature , mer et campagne la photographie ,la peinture ,l'architecture ,la poésie (des autres) l'actualité et ......les voyages ,parcourir la planète même dans le virtuel Dernière activité Rêver

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